CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 15
a rosac e a ecte r s e
uatre millions e ersonnes
en rance et en ma orit es
emmes entre et ans.
Si elle pose un problème au
niveau social, c’est qu’elle est
souvent associée à une consommation
excessive d’alcool. Pourtant, ce琀琀e
pathologie vasculaire in昀氀ammatoire
chronique qui marbre les joues de
vaisseaux dilatés peut se développer
indépendamment d’une addiction
alcoolique.
L
Une étiologie mal connue
Encore aujourd’hui, on ne connaît pas
l’origine de l’apparition de ce琀琀e maladie
chronique, reconnaît le docteur Muriel
Creusot, dermatologue spécialisée
en dermatologie esthétique et lasers.
Une prédisposition génétique semble
impliquée puisque l’on observe qu’elle
touche de préférence des phototypes
clairs. Des facteurs environnementaux
sont également largement incriminés.
Par exemple, la rosacée est favorisée par
la chaleur, le soleil, mais aussi le froid.
L’exercice physique intense, les bains
brûlants, les émotions fortes, la nourriture
épicée ou les boissons chaudes, entre
autres, semblent aussi être de la partie.
Certes, on sait que tous ces éléments
favorisent la dilatation des vaisseaux. Ce
que l’on sait moins, c’est pourquoi ce琀琀e
situation s’installe et évolue dans le temps
chez certaines personnes.
Et si c’était lui ?
Les pores de la peau et les follicules
pileux hébergent de nombreux microorganismes. Ces micro-organismes,
principalement des bactéries et des
champignons, constituent le microbiome
cutané et jouent un rôle important
dans l’équilibre cutané et la santé de la
peau. Ils participent à la dégradation des
sécrétions, à l’élimination des résidus et
des cellules mortes, et à la modulation
du système immunitaire cutané. Ils
peuvent également contribuer à la
formation de bio昀椀lms, des structures
complexes de micro-organismes et de
polysaccharides qui protègent la peau
contre les agents pathogènes. Et puis il y
a le Demodex follicularum. Cet acarien
vermiforme minuscule vit dans les pores
et les follicules pileux nez, menton,
front, joues… Or, on a remarqué que les
patients a琀琀eints de rosacée en présentent
10 cm2 et même 12 dans des cas de
rosacée pustuleuse, quand la population
générale en présente seulement 0,7 cm2
de peau. Demodex follicularum est
pro-in昀氀ammatoire. De fait, il majore
l’érythrose et participe à l’évolution de la
maladie.
Le rôle du microbiote
intestinal
Il existe un lien bien documenté entre
la rosacée et le microbiote intestinal,
via ce qu’on appelle l’axe intestin-peau
(gut-s in axis). Les patients a琀琀eints de
rosacée présentent souvent une dysbiose
caractérisée par une réduction de la
diversité microbienne, une diminution
de certaines bactéries béné昀椀ques, comme
Faecalibacterium prausnitzii, producteur
d’acides gras à chaîne courte antiin昀氀ammatoires, et une augmentation
d’autres espèces microbiennes
potentiellement pro-in昀氀ammatoires.
L’un des liens les plus robustes concerne
le SIBO, ce trouble digestif consécutif à
une pullulation bactérienne de l’intestin
grêle. Plusieurs études indiquent en e昀昀et
une prévalence ne琀琀ement plus élevée de
ce琀琀e pathologie chez les patients a琀琀eints
de rosacée. Par ailleurs, le traitement
du SIBO par antibiotiques entraîne
souvent une amélioration marquée,
voire une rémission quasi complète
des lésions cutanées chez une grande
partie des patients. Un déséquilibre du
microbiote intestinal n’est pas la cause
unique de la rosacée, mais il joue un rôle
important chez de nombreux patients,
via l’in昀氀ammation systémique et l’axe
intestin-peau. Des études plus larges sont
encore en cours pour mieux préciser ces
liens et optimiser les traitements.
Une pathologie évolutive
On l’a vu, au début, la peau se met à
rougir facilement, de façon épisodique
lorsqu’elle se trouve confrontée à certains
facteurs environnementaux. D’un coup,
le visage monte en température et ses
vaisseaux sanguins se dilatent de manière
excessive. Résultat, les joues et le nez
s’empourprent, avec une désagréable
sensation de chaleur. Ces « ushes » qui
disparaissent après quelques minutes
sont les manifestations de l’érythrose.
Sans prise en charge, de petits vaisseaux
restent dilatés et les rougeurs s’installent.
On les appelle les télangiectasies. Elles
marbrent les joues, les ailes du nez,
parfois le menton et le front. C’est le stade
de la couperose ou forme érythématotélangiectasique. Puis de petits boutons,
parfois pustuleux, apparaissent.
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