CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 15
À l’origine de l’acné,
Cutibacterium acnes
Des études récentes ont démontré que le microbiome
cutané des sujets acnéiques est di昀昀érent, avec la dominance
d’une bactérie naturellement présente sur la peau, du
nom de Cutibacterium acnes (anciennement connue sous
le nom de Propionibacterium acnes), mais qui a tendance à
proliférer lorsqu’elle se trouve à l’intérieur des follicules
obstrués et remplis de sébum. S’ajoute la formation d’un
microbio昀椀lm qui 昀椀xe ce琀琀e bactérie et lui permet de rester
collée dans la glande sébacée où elle se multiplie plus vite.
Résultat, boutons rouges et boutons blancs deviennent de
plus en plus résistants et de plus en plus di昀케ciles à traiter.
Depuis longtemps, la dermo-cosmétique s’a琀琀aque à ce
phénomène avec succès et plusieurs laboratoires ont créé
des soins actifs qui réduisent l’adhésion de ce琀琀e bactérie
et limitent sa prolifération, lu琀琀ent contre la surproduction
de sébum et agissent sur le renouvellement cellulaire en
éliminant les cellules mortes et en débouchant les pores.
Ainsi, on retrouvera dans les formules des acides salicylique,
glycolique, azélaïque, ainsi que des rétinoïdes qui ont, de
plus, l’avantage d’améliorer la texture et l’éclat de la peau,
tout en étant bien tolérés.
Indolores, les LED
Attention à l’oxydation !
Qu’il s’agisse d’une acné qui date de l’adolescence,
d’une rechute ou d’une acné apparaissant sur
le tard, votre peau subit l’agression des radicaux
libres au quotidien, à cause d’un environnement
pollué, de la poussière, des UV, du stress, du tabac,
de certains médicaments et contraceptifs, de
cosmétiques mal adaptés, d’une alimentation trop
sucrée... L’impact de cette agression est beaucoup
plus pervers qu’on ne pourrait l’imaginer puisqu’il
entraîne un « effet domino ». Les réactions en
profondeur provoquent des conséquences en
surface, immédiatement perceptibles, comme une
texture de peau irrégulière, une brillance aggravée
et des pores encrassés. Autant dire qu’il va falloir
faire une révision générale de votre hygiène de vie :
stop au tabac et aux sucres raffinés, protection
solaire même en ville, nettoyage scrupuleux
avec des soins adaptés et fond de teint à base de
minéraux, pour voir la différence rapidement !
On sait que C. acnes produit une molécule appelée
porphyrine, une substance naturelle de l’organisme de
couleur rouge, dont la particularité est d’absorber la
lumière de couleur bleue à une longueur d’onde comprise
entre 400 et 420 nm. Lorsque les porphyrines absorbent
les photons émis par les LED, il se produit une restitution
d’énergie avec production de radicaux libres qui oxydent
les membranes lipidiques des bactéries et les détruisent.
L’in昀氀ammation induite par le traitement est ensuite
jugulée par la lumière rouge à 630 nm, anti-in昀氀ammatoire
et cicatrisante. L’un des avantages de la photothérapie
est d’être totalement indolore (il s’agit d’une lumière
froide), elle est également dénuée d’e昀昀ets secondaires et
ne provoque pas les phénomènes de résistance que l’on
peut rencontrer avec les antibiotiques. Pour les acnés plus
sévères et in昀氀ammatoires, l’intérêt de la photothérapie
dynamique a été démontré. Il s’agit d’un protocole médical
basé sur l’application d’un gel photosensibilisant à base
d’acide aminolévulinique (ALA) combinée à l’exposition à
la lumière LED rouge de 630 nm. Ressenti parfois comme
douloureux, ce traitement peut s’accompagner de rougeurs
et d’œdème et est à envisager avec prudence sur les peaux
foncées.
thérapeutique, le laser à colorant pulsé, le laser fractionné non
ablatif, les lasers infrarouges. Tous ces lasers, qu’ils aient une
action sur la production de sébum ou sur l’in昀氀ammation, ont
essentiellement une action suspensive. C’est-à-dire que leur
action s’arrête à l’interruption du traitement », prévient la
dermatologue.
L’intérêt des lasers
Gommer les cicatrices :
l’union fait la force !
« Les premiers traitements de l’acné active modérée à sévère
proposés par les dermatologues sont souvent topiques ou
médicamenteux, explique le docteur Séverine Lafaye,
dermatologue et vénérologue. Mais dans certains cas, ils
génèrent des e昀昀ets secondaires indésirables ou se heurtent
à des contre-indications. À noter que la grossesse n’est pas
une contre-indication au laser, contrairement à de nombreux
autres traitements de l’acné comme les rétinoïdes. L’idéal ?
Associer les LED au laser pour une prise en charge optimisée.
Ils sont plus particulièrement utilisés pour diminuer les
poussées in昀氀ammatoires, freiner la production de sébum
favorisant l’acné et, bien sûr, pour traiter les marques
et cicatrices séquellaires. On distingue, dans l’arsenal
Une nouvelle longueur d’onde
Disponible en France depuis février 2024, un laser spéci昀椀que
à 1 726 nm est utilisé pour traiter l’acné. Il s’agit d’un laser
infrarouge sébosélectif, qui cible les glandes sébacées et le
sébum qu’elles produisent. Sa longueur d’onde précise est
fortement absorbée par le sébum, ce qui permet de chau昀昀er et
de détruire sélectivement les sébocytes des glandes sébacées
par photothermolyse sans endommager signi昀椀cativement
les autres structures cutanées. Des études montrent qu’après
traitement avec ce laser, les épisodes d’éruptions de boutons
sont plus courts, moins intenses et moins fréquents. Elles
indiquent donc la possibilité d’une action dans le temps, et d’un
traitement de fond de l’acné, précise la dermatologue. Les deux
principaux dispositifs approuvés par la FDA sont : AviClear, un
laser à diode, le plus utilisé en France, et Accure, un laser à 昀椀bre
que l’on ne trouve pas encore dans l’hexagone pour le moment.
« L’acné peut également entraîner la formation de cicatrices,
occasionnant dans les cas les plus graves un aspect grêlé du
visage », note la Société française de dermatologie, d’où
l’importance de les soigner à temps. Là encore, le laser
entre en piste avec un e昀昀et micro-ablatif comme les lasers
CO2, Nd-Yag ou encore la radiofréquence micro-ablative. Il
s’agit d’éroder une partie de l’épiderme à une profondeur
contrôlée pour régénérer la peau par cicatrisation.
L’inconvénient de la méthode est l’éviction sociale, qui
peut durer jusqu’à une semaine en fonction de la surface
traitée. On préfère aujourd’hui utiliser les lasers ou la
radiofréquence dits fractionnés. Ces derniers vont cibler les
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