CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 23
L
ongtemps associé à
es visa es
s ou
excessivement tirés, le
li in a ro on ment
volu . « Les mécanismes
l ori ine du vieillissement
du visa e sont bien mieu compris
Pendant longtemps, ces changements ont
été réduits à un simple e昀昀et de la gravité.
Or, il s’agit en réalité d’un phénomène
bien plus complexe », souligne le docteur
Patrick Trévidic, chef du service de
chirurgie plastique reconstructrice et
esthétique à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris.
Aujourd’hui, les chirurgiens s’accordent
sur une vision multifactorielle du
vieillissement facial. Trois mécanismes
interagissent la gravité, responsable
de l’a昀昀aissement progressif des tissus,
particulièrement visible au niveau des
paupières et de l’ovale du visage la
redistribution des volumes, avec une
perte de graisse dans certaines zones
(comme les pomme琀琀es) et un excès
dans d’autres (paupières inférieures, bas
du visage) mais aussi le vieillissement
cutané, qui altère la qualité de la peau et
conditionne le rendu 昀椀nal. « e琀琀e nouvelle
lecture impose une analyse personnalisée
de chaque visage, souvent appuyée sur
d’anciennes photographies de la patiente.
On ne ra eunit pas un visage abstrait,
mais une personne, avec son histoire et sa
morphologie », insiste le chirurgien.
« Lifting deep plane » :
agir en profondeur
Contrairement aux techniques
plus anciennes, qui consistaient
essentiellement à retendre la peau,
ce琀琀e approche agit sur les structures
profondes du visage, et en particulier
sur le SMAS (système musculoaponévrotique super昀椀ciel), véritable
charpente qui soutient les tissus du visage.
« u ourd’hui, on ne tire plus sur la peau.
On agit sur le sous-sol anatomique, ce qui
permet des résultats plus naturels, plus
durables et moins traumatisants », explique
le docteur Trévidic. En repositionnant
ces tissus profonds, le visage retrouve
des contours plus harmonieux, sans e昀昀et
昀椀gé ni tension excessive en surface. La
peau est ensuite simplement « redrapée »,
sans être mise sous contrainte. Ce琀琀e
technique respecte davantage l’anatomie
du visage, ce qui se traduit aussi par
moins d’œdèmes, moins d’hématomes
et une récupération plus confortable. Le
résultat évolue mieux dans le temps, car il
accompagne les mouvements naturels au
lieu de les contrarier. Bien que le concept
du « li ing deep plane » ait été décrit dès
les années 1970, il n’a été pleinement
intégré dans la pratique courante que ces
dernières années.
Le platysma
et le vieillissement du cou
Le traitement du vieillissement du cou a
longtemps été le point faible du li ing.
L’une des avancées les plus marquantes
vient des travaux du docteur Trévidic
sur le muscle platysma. Super昀椀ciel, ce
muscle 昀椀n et large, situé juste sous la
peau du cou, s’étend du bas du visage
jusqu’aux clavicules. À l’hôpital SainteAnne, en observant des patientes
a琀琀eintes de paralysie faciale, il constate
un phénomène surprenant un cou plus
jeune du côté paralysé. Ce琀琀e observation
conduit le chirurgien à des travaux
de recherche menant à une remise en
question majeure « Le vieillissement du
cou ne commence pas par la peau, mais
par une hyperactivité du muscle platysma,
qui tire la peau vers le bas. ne étude
de
réalisée sur des patients avec
paralysie faciale unilatérale dé nitive
non spasmodique a bien démontré ce
fait. » De fait, avec le temps, ce muscle
peut devenir trop actif, ce qui favorise
l’apparition de plis, de cordes verticales ou
d’un relâchement de l’ovale du visage.
« Neck & Face Lifting »,
le rajeunissement
du cou enfin maîtrisé
Après plusieurs années de recherches
anatomiques, le docteur Trévidic met
au point une technique de dénervation
ciblée et sécurisée de ce muscle , baptisée
« ec
ace Li ing ». « La dénervation
consiste à désactiver de fa on tr s précise
une partie des nerfs qui commandent le
muscle. n pratique, il s’agit de sectionner
les branches nerveuses entrant dans le
platysma apr s les avoir localisées par
stimulation électrique. L’ob ectif n’est pas
de bloquer le visage, mais d’emp cher
ce muscle trop actif de tirer la peau vers
le bas en permanence. n réduisant ce琀琀e
traction involontaire, le cou et l’ovale du
visage restent plus lisses et plus stables dans
le temps », précise le docteur Trévidic.
Les résultats, publiés dans une revue
scienti昀椀que , sont signi昀椀catifs alors
que les techniques classiques présentent
environ 5 % de récidives, ce taux chute
à environ 10 % après dénervation, sans
séquelles fonctionnelles. « Tirer sans
traiter le muscle, c’est lu琀琀er contre une force
active. our tre e昀케cace, il faut corriger
la cause. La technique de dénervation est,
4Une approche
personnalisée
Le lifting moderne s’inscrit désormais
dans une prise en charge globale. « Il
n’existe plus, aujourd’hui, de recette
standard. Le résultat est désormais
anticipé avant l’intervention, grâce
à une simulation informatique très
réaliste présentée à la patiente.
La personnalisation du geste et la
recherche d’un résultat naturel doivent
toujours primer », affirme le docteur
Trévidic. La chirurgie est souvent
associée à des techniques de médecine
esthétique (injections, lasers, peelings)
pour améliorer la qualité de la peau et
optimiser le résultat. Enfin, les progrès
techniques ont permis d’allonger la
durée des bénéfices. Là où les liftings
classiques offraient en moyenne huit
ans de résultat, les techniques actuelles
permettent d’atteindre 10 à 12 ans, tout
en respectant l’évolution naturelle du
visage. « Le lifting ne fige pas le temps.
Il crée un décalage durable : 10 ans plus
tard, la patiente reste en avance sur
son vieillissement », assure le docteur
Trévidic.
aujourd’hui, pratiquée par de nombreux
chirurgiens au niveau international »,
conclut-il.
Des suites opératoires
plus légères
Autre avancée déterminante les progrès en anesthésie. Les nouveaux agents
anesthésiques et les dispositifs de
surveillance perme琀琀ent aujourd’hui des
interventions plus courtes, une récupération plus rapide et une douleur postopératoire ne琀琀ement réduite. L’analgésie préopératoire à la bupivacaïne
à longue durée d’action (six heures)
permet de diminuer les doses de produits anesthésiques, ainsi que celles de
morphine, source de malaises au réveil.
Mais aussi de casser le cercle vicieux
de la douleur. Les suites ont radicalement changé. Les patientes sortent de
l’hôpital le jour même de l’intervention,
sans douleur signi昀椀cative, sans stress ,
souligne le docteur Trévidic. n
Trévidic , riollo Lamilla . last econstr urg.
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