CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 34
santé
on en parle
Par Suzy Jourdan
CANCERS ORL :
les soigner avec
un CHEWING GUM !
Une innovation prometteuse venue de l’Université de Pennsylvanie
pourrait révolutionner la prévention et le soutien dans les cancers
ORL (cancers de la tête et du cou, ou HNSCC). Des chercheurs,
menés par le professeur Henry Daniell, ont développé un chewinggum bio-ingénieré à base de gomme de haricot (lablab bean)
enrichi en protéines antivirales et antimicrobiennes. Le principe ?
Piéger et neutraliser trois micro-organismes fortement associés
à ces cancers : le papillomavirus humain (HPV), les bactéries
Porphyromonas gingivalis et Fusobacterium nucleatum. Ces
pathogènes favorisent en effet l’inflammation, la progression
tumorale et un moins bon pronostic. Dans une étude réalisée
sur des échantillons salivaires et publiée en 2026 dans Scientific
Reports, des extraits du chewing-gum ont réduit de 93 % le HPV.
En ajoutant le peptide antimicrobien protegrin-1, plus de 99 % des
bactéries des bactéries incriminées étaient éliminées, tout en
préservant la flore buccale bénéfique. Abordable, simple d’usage,
local et sans perturbation majeure du microbiote. Il pourrait servir
en prévention (surtout chez les porteurs de HPV) ou en complément
des traitements classiques. Des essais cliniques in vivo sont
nécessaires pour confirmer l’efficacité, la tolérance et l’impact réel
sur la survenue ou l’évolution des cancers. Mais cette approche
ouvre la voie à des thérapies accessibles et innovantes contre les
cancers ORL, dont l’incidence augmente avec le HPV.
40 MILLIONS
C’est chaque jour le nombre d’utilisateurs réguliers de ChatGPT
qui l’interrogent sur des questions de santé. Mais l’IA est-elle fiable
lorsqu’il s’agit de poser un diagnostic ? Une étude scientifique
qui a été mise en place pour répondre à cette interrogation,
montre les limites et les biais d’un échange entre l’humain et
l’agent conversationnel. Des médecins ont établi des scénarios
de pathologies et en ont communiqué les symptômes à
1 300 participants qui devaient ensuite tenter d’obtenir un diagnostic
en dialoguant avec l’IA. Seuls 37 % d’entre eux ont obtenu une bonne
réponse. Étonnamment, l’IA était bien plus performante lorsqu’on lui
soumettait la liste brute des symptômes, sans dialogue avec le malade
supposé, pour atteindre plus de 95 % de diagnostics corrects.
L’humain serait-il le maillon faible dans l’histoire ?
34 Côté Santé
Couverture lestée :
une alternative aux
antipsychotiques ?
Chez les patients hospitalisés atteints de démence,
l’agitation est une manifestation fréquente et di昀케cile à
gérer pour le personnel soignant. Elle est le plus souvent
traitée par des antipsy挀栀otiques, malgré l’absence de
preuves su昀케santes d’e昀케cacité et des e昀昀ets indésirables
non négligeables. Les couvertures lestées, qui miment
la sensation d’une étreinte ou d’un massage et activent
le système nerveux parasympathique en moins de cinq
minutes, pourraient constituer une alternative prometteuse.
Une précédente étude en avait évalué l’usage à domicile
avec des résultats encourageants, mais aucune donnée
n’existait en milieu hospitalier. Un essai randomisé contrôlé
a donc été mené entre mai 2023 et janvier 2024 dans
une unité de gériatrie aiguë d’un hôpital australien. Des
couvertures, d’un poids de 5,5 à 7,7 kg ont été utilisées
le soir au moment du cou挀栀er 挀栀ez 80 patients avec des
résultats encourageants sur l’agitation avec une baisse du
besoin de recourir aux médicaments. Une étude de plus
grande envergure est bien sûr nécessaire pour con昀椀rmer
ces résultats, et surtout pour dé昀椀nir un protocole facile à
appliquer en milieu hospitalier.