CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 42
santé
médecine
4Le cœur des femmes
Contrairement à une idée reçue, les maladies
cardiovasculaires ne sont pas l’apanage des hommes.
En réalité, il faut savoir qu’en France, 72 000 femmes
meurent chaque année d’une maladie cardiovasculaire
contre 64 000 hommes. Soit 200 décès féminins par jour !
Et elles sont de plus en plus jeunes. Par méconnaissance
et parce que 80 % des femmes font passer la santé
de leur entourage avant la leur, elles négligent leurs
symptômes et retardent leur prise en charge. Car
si, dans 80 % des cas, une forte douleur thoracique
irradiant dans le bras ou l’épaule reste le symptôme
prédominant pour tous, chez la femme, les signaux
d’alerte peuvent s’associer à un essoufflement inhabituel,
des nausées, des troubles digestifs, une douleur dans le
dos, la mâchoire, le cou ou encore des vertiges. Ce flou
symptomatique contribue à un retard de diagnostic et
de prise en charge, donc à un risque de complications.
D’où l’importance de consulter rapidement en cas de
symptômes inhabituels, d’autant plus si la femme a des
facteurs de risque : tabac, sédentarité, surpoids-obésité,
diabète, hypertension, stress, cholestérol, contraception.
Pour en savoir plus : agirpourlecoeurdesfemmes.com
Alors pourquoi une hypercholestérolémie est-elle un risque
majeur pour notre santé cardiovasculaire ? Lorsque le LDL
est en excès, il s’accumule sur la paroi interne des artères,
formant peu à peu des plaques d’athérome ce processus est
appelé l’athérosclérose. Ces plaques vont durcir, rétrécir les
artères et 昀椀nir par gêner la circulation sanguine, entra nant
divers symptômes et maladies comme l’artériopathie des
membres inférieurs.
Des mesures hygiéno-diététiques
Mais elles peuvent aussi se rompre, donnant lieu à la
formation d’un caillot sanguin qui peut, à son tour, provoquer
un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire
cérébral. Il faut savoir que la mortalité cardiovasculaire est
la deuxième cause de mortalité en France et la première en
Europe ! La découverte d’un excès de cholestérol peut donc
être source d’inquiétude. Toutefois, si la prise en charge est
dé昀椀nie en fonction du contexte clinique, dans de nombreux
cas, des mesures hygiéno-diététiques su昀케sent à améliorer
signi昀椀cativement les résultats. « ’est ce que l’on appelle
la prévention primaire, explique le docteur Villaceque, si la
personne n’a amais eu d’accident cardiovasculaire et donc que
l’ob ectif est de ramener le taux de cholestérol à , gramme
par litre, on va dans un premier temps lui recommander
plusieurs mesures préventives. »
42 Côté Santé
Éviter la sédentarité et le stress
Tout d’abord, si la personne est en surpoids, lui conseiller
de faire un régime et d’adapter son alimentation. L’objectif
n’étant pas de supprimer toutes les graisses, mais de choisir
les bonnes par exemple en limitant les graisses saturées
(charcuteries, fromages, beurre, viennoiseries), en réduisant
la consommation de produits ultra-transformés et riches en
sucres ajoutés. Et d’augmenter, si possible, sa consommation
de fruits et légumes. Arrêter de fumer, puisque le tabagisme
nuit aux vaisseaux sanguins et accélère le processus de
l’athérosclérose. Pratiquer une activité physique régulière,
mais surtout éviter la sédentarité en bougeant un peu
chaque jour. Par exemple, rompre son activité devant un
écran en se levant et en bougeant toutes les deux heures.
En昀椀n, réduire au maximum le stress (yoga, méditation,
sophrologie ) puisqu’il a été démontré qu’il augmente les
risques de maladies cardiovasculaires.
Et les traitements ?
En revanche, poursuit le cardiologue, « si le patient
présente un taux élevé de cholestérol ou qu’il a dé à fait
un infarctus, l’ob ectif ne sera pas de viser , g par litre
mais directement , g, car dans ce cas, il y a un risque de
récidive ma eur, on va donc recourir au traitement ». Les
statines sont les plus connues et constituent le traitement
de référence car elles sont les plus e昀케caces. « Le but des
traitements, précise le docteur Villaceque, ce n’est pas tant
de diminuer le cholestérol aucun traitement ne peut faire
dispara tre les plaques dé à installées mais le nombre
d’accidents. Les études montrent en e昀昀et que ces traitements
ont une réelle e昀케cacité dans la prévention des événements
cardiovasculaires. ’est un traitement, certes à vie, qui
nécessite un suivi médical régulier mais qui permet de
stabiliser et d’arr ter la progression de la maladie. » n