CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 44
santé
médecine
TRAITEMENTS
DE L’OBÉSITÉ :
les nouveaux
médicaments
À LA LOUPE
On en parle partout, ils suscitent autant d’espoirs que de
questions : les nouveaux traitements médicamenteux de l’obésité
marquent un tournant dans la prise en charge de cette maladie
chronique. Comment fonctionnent-ils ? À qui s’adressent-ils ?
Quels bénéfices et quelles limites ? Les experts du Groupe de
Concertation et de Coordination des Centres Spécialisés de
l’Obésité (GCC-CSO) et le réseau FORCE (F-CRIN) ont dévoilé leur
prise de position sur le sujet*. Explications.
Hélia Hakimi-Prévot
Q
uels sont les nouveaux
traitements de
l’obésité disponibles
en rance Depuis
quelques années,
de nouveaux
médicaments, initialement développés
pour le diabète, sont utilisés pour traiter
l’obésité. On les appelle les traitements
médicamenteux de l’obésité (TMO).
Ils reposent principalement sur des
analogues du glucagon-like peptide-1
(aGLP-1), une hormone naturellement
produite par l’intestin après les repas.
Ces traitements ne sont pas des « coupe
faim » au sens classique du terme ils
s’inscrivent dans une prise en charge
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médicale structurée, reconnue par les
sociétés savantes françaises. En France,
trois médicaments sont disponibles,
mais non remboursés à ce jour le
liraglutide (Saxenda) depuis 2021, le
sémaglutide (Wegovy) depuis 2023 et le
tirzépatide (Mounjaro) depuis 2024.
JComment agissent
ces médicaments
sur le poids ?
Les TMO miment l’action du GLP-1,
une hormone intestinale impliquée dans
la régulation de l’appétit. Concrètement,
ils envoient au cerveau un signal de
rassasiement plus rapide, plus intense
et plus durable. Ils réduisent les
envies alimentaires et ralentissent la
vidange de l’estomac, ce qui prolonge
la sensation de satiété après les
repas. Ils peuvent aussi modi昀椀er les
préférences alimentaires, avec moins
d’a琀琀irance pour le gras et le sucré. Ces
médicaments agissent, par ailleurs, sur
d’autres organes le pancréas, le c ur
et les vaisseaux, ce qui peut améliorer
l’équilibre du diabète et réduire
certains risques cardiovasculaires.
Ils ne remplacent pas une hygiène
de vie adaptée. Leur e昀케cacité est
maximale lorsqu’ils sont associés à une
alimentation équilibrée, à une activité
physique régulière et à la réduction de
la sédentarité.