CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 45
même sur la prévention du déclin cognitif. Mieux encore,
elles sont parfaitement compatibles avec un transat ! Voici
comment réveiller ses neurones en douceur et avec plaisir.
Marcher… autrement
On connaît les bienfaits de la marche. Mais ce que l’on sait
moins, c’est que marcher dans un environnement naturel
comme la forêt, le bord de mer, la montagne, stimule
directement l’hippocampe, ce琀琀e zone clé de la mémoire. Des
études ont montré que 30 minutes de marche en pleine nature
diminuent le stress, améliorent la créativité et renforcent
les capacités d’a琀琀ention. Marcher sans objectif précis,
昀氀âner, se perdre un peu. Ce lâcher-prise active ce que les
neuroscienti昀椀ques appellent le mode par défaut du cerveau,
celui des idées nouvelles et des prises de recul.
Apprendre quelque chose de nouveau
Le cerveau adore être surpris. Apprendre quelques mots
d’une langue étrangère (avec les applications Duolingo ou
Babbel), s’initier à la danse ou au yoga (Yoslan Manes, adyam.
webnode.fr), assister à une conférence sur l’astronomie
(Christophe Galfard, christophegalfard.com)… Chaque nouvel
apprentissage crée de nouvelles connexions neuronales.
C’est ce qu’on appelle la neuroplasticité. Plus une activité
est nouvelle, plus elle sollicite intensément le cerveau. Et ce,
à tout âge. Le secret : choisir quelque chose d’inutile, donc
essentiel, juste pour le plaisir.
S’offrir des contraires
儀甀i琀琀er la mer pour la verticalité d’un paysage de
montagne, laisser les sommets pour retrouver l’horizon
ouvert, passer du calme de la campagne à l’énergie d’une
ville, opter pour des lieux qui nourrissent : un musée ou
une cathédrale habitée de silence, un quartier vibrant.
Car ce que l’on vient chercher, ce n’est pas le bruit, c’est
le contraste. Mais il y a plus subtil encore. Aller vers
l’opposé de son quotidien, c’est aussi rééquilibrer ses états
intérieurs, apporter du calme là où tout allait trop vite
et, inversement, du mouvement là où tout était 昀椀gé est
déjà une forme d’écologie intérieure. Les environnements
nouveaux et contrastés stimulent ce琀琀e fameuse
neuroplasticité, améliorent la mémoire et renforcent la
capacité d’adaptation. Le cerveau aime être « dérangé ».
Changer ses routines
P
rendre soin de son cerveau, ce n’est pas faire
plus, c’est faire autrement, avec curiosité,
lenteur et joie. Le stimuler, c’est lui o昀昀rir ce
qu’il préfère : de la nouveauté, du mouvement
et du sens. Et peut-être qu’ainsi, quelque chose
de nouveau se me琀琀ra doucement en place.
Comme si l’esprit aussi prenait des vacances
pour mieux revenir à l’essentiel. Bonne nouvelle, la science
est formelle : certaines activités, simples et joyeuses, ont un
impact direct sur la mémoire, la concentration, l’humeur et
Prendre un autre chemin, manger avec la main non
dominante, inverser l’ordre de ses gestes du matin… Ces
micro-changements stimulent le cortex préfrontal, impliqué
dans la prise de décision et la 昀氀exibilité mentale. Ce sont de
véritables « mini-séances de gym cérébrale ». À tester cet été :
écrire une carte postale à la main, cuisiner une rece琀琀e sans
suivre les instructions à la le琀琀re, laisser son téléphone de côté
et observer.
Lire…
C’est l’un des exercices les plus complets pour le cerveau :
mémoire, concentration, imagination, vocabulaire, tout y
passe. Cet été, pourquoi ne pas lire à voix haute (excellent
pour la mémoire et l’a琀琀ention), lire dans un lieu inhabituel,
relire un livre aimé (ce qui renforce les circuits de la
mémoire autobiographique) ? Une autre manière d’habiter
les mots.
Côté Santé 45