CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 45
À qui sont réservés
ces traitements ?
Les TMO sont prescrits aux personnes
en situation d’obésité ou en surpoids
associé à des complications (diabète,
hypertension, troubles métaboliques…),
dans le cadre d’un suivi médical spécialisé.
La prescription se fait après une
évaluation globale de la santé du patient,
de ses antécédents et de ses objectifs.
Comment prend-on
ces médicaments ?
Les TMO sont administrés par injection
sous-cutanée (sous la peau), à l’aide de
stylos préremplis. Le traitement débute
toujours à faible dose, puis la dose est
augmentée progressivement. Ce琀琀e
montée en dose est adaptée à la tolérance
digestive et à la réponse pondérale. En
cas d’e昀昀ets indésirables, le médecin
peut ralentir l’augmentation de dose,
maintenir une dose plus basse ou ajuster
le traitement.
Quels sont les effets
indésirables les plus
fréquents ?
Parce qu’ils agissent aussi sur l’estomac,
les TMO peuvent provoquer des
troubles digestifs, surtout en début de
traitement. Les plus fréquents sont les
nausées, la diarrhée, les vomissements
et la constipation. Ces e昀昀ets sont le plus
souvent légers à modérés et transitoires.
Ils disparaissent généralement après
quelques semaines. Ils n’entraînent l’arrêt
du traitement que chez environ 10 % des
patients. Si les symptômes persistent, il
est essentiel d’en parler à son médecin.
Existe-t-il
des complications
plus graves ?
Oui, même si elles restent peu
fréquentes. Des calculs dans la vésicule
biliaire peuvent être favorisés par
la perte de poids rapide. Ils peuvent
provoquer des douleurs abdominales
à droite ou en haut du ventre, parfois
irradiant vers l’épaule ou le dos,
souvent après un repas gras. Une
in昀氀ammation du pancréas (pancréatite)
peut aussi survenir. Rare, mais
sérieuse, elle se manifeste par une
douleur intense et persistante en haut
de l’abdomen, souvent en « barre »,
irradiant vers le dos, associée à des
nausées, vomissements et parfois de
la 昀椀èvre. Dans ce cas, le traitement
doit être arrêté immédiatement et
4Vers une nouvelle génération de traitements
Une nouvelle molécule suscite beaucoup d’espoir : le retatrutide, développé
par le laboratoire Lilly. Il s’agit d’un « agoniste triple », c’est-à-dire un
médicament qui agit en simulant l’effet de trois hormones différentes (GLP-1,
GIP et glucagon). L’objectif : favoriser la perte de poids tout en améliorant
le contrôle de la glycémie et certains paramètres métaboliques comme le
cholestérol, la tension artérielle ou la santé du foie. Les premiers résultats de
l’étude clinique de phase 3 montrent une perte moyenne de 28 %. « La majorité
des études de phase 3 sont encore en cours et doivent confirmer ces résultats,
évaluer la tolérance à long terme », précise le docteur Myriam Rosilio, médecin
chez Lilly France. Les effets secondaires observés jusqu’ici sont similaires à ceux
des traitements de la même famille (nausées, troubles digestifs), le plus souvent
transitoires. Si les résultats finaux confirment ces données, cette molécule
pourrait marquer un tournant dans la prise en charge médicale de l’obésité,
en offrant des pertes de poids importantes sans chirurgie, à condition d’être
intégrée dans un accompagnement global et personnalisé.
une consultation médicale urgente est
nécessaire.
À quel rythme perd-on
du poids avec les TMO ?
La perte de poids varie selon la molécule
utilisée (entre 15 et 20 % du poids
corporel, en moyenne), la dose a琀琀einte,
les caractéristiques individuelles (les
femmes répondent en moyenne mieux
que les hommes, et les personnes sans
diabète mieux que celles avec diabète).
La perte de poids est progressive,
principalement au cours de la première
année. Elle est suivie d’un plateau, qui
correspond à une phase de stabilisation si
le traitement est poursuivi. Même si ces
médicaments sont très e昀케caces pour la
majorité des patients, certains sont dits
« moins bons répondeurs ». À ce jour, il est
encore di昀케cile de prédire à l’avance la
réponse individuelle. En cas de perte de
poids insu昀케sante, le médecin réévalue sa
prescription après 6 à 12 mois.
Que se passe-t-il
quand on les arrête ?
À l’arrêt des TMO, on observe en
moyenne une reprise d’environ 70 % du
poids perdu en un an. Cela s’explique
simplement l’obésité est une maladie
chronique. Ces médicaments ne
« guérissent » pas l’obésité, ils perme琀琀ent
de la contrôler. C’est pourquoi les experts
français considèrent les TMO comme des
traitements au long cours, au même titre
que ceux de l’hypertension ou du diabète.
Quelles sont
les contre-indications ?
Les TMO sont contre-indiqués pendant la
grossesse et l’allaitement, chez les femmes
en âge de procréer sans contraception
e昀케cace. D’autres contre-indications
peuvent exister selon les antécédents
médicaux, d’où l’importance d’un suivi
médical régulier.
Dans quels cas faut-il
envisager d’arrêter
un TMO ?
Le médecin peut proposer une réduction
de dose, une suspension ou un arrêt en
cas de perte de poids insu昀케sante ou
trop rapide si l’alimentation devient
insu昀케sante pour maintenir un bon
état nutritionnel, ou en cas d’e昀昀ets
indésirables mal tolérés.
Comment bien
s’alimenter sous
traitement ?
Même si les quantités diminuent, il est
essentiel de conserver au moins deux
repas par jour, d’assurer un apport
su昀케sant en protéines (viande, poisson,
ufs, produits laitiers, légumineuses),
et de fractionner les repas si besoin (par
exemple en décalant le fruit ou le laitage).
Mieux vaut également manger lentement
(au moins 20 minutes), bien mastiquer,
écouter ses sensations de faim et de
rassasiement, boire au moins 1,5 litre
d’eau par jour, en évitant de boire pendant
les repas. L’alimentation idéale sous TMO
est variée, peu transformée, riche en
fruits, légumes, céréales complètes
et légumineuses, selon la tolérance
digestive. n
Le professeur mmanuel Disse, chef de service aux ospices civils de
Lyon a coordonné ce琀琀e prise de position publiée dans édecine des
maladies métaboliques, avec la professeure udith ron isne s y,
professeure de nutrition à orbonne niversité et présidente du
O ron isne s y , Tatulashvili , egrestin , et al. rise de
position du
O sur les traitements médicamenteux de l’obésité
(T O) chez l’adulte et leur accompagnement en pratique. ed al
etab.
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