CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 51
4L’AMWC
s’agit principalement d’une perception
déformée de l’apparence physique,
une obsession portant sur des détails
et imperfections que les autres ne
remarquent pas ou considèrent comme
minimes. La dysmorphophobie, en
constante augmentation, touche
désormais des populations de plus
en plus jeunes, traduisant un trouble
emblématique de notre époque. Ce
glissement souligne l’urgence d’un
dépistage précoce, particulièrement
compte tenu de la forte incidence des
demandes de médecine et de chirurgie
esthétique, ainsi que de la forte
comorbidité psychiatrique chez ces
patients, alerte le docteur Majdalani.
Malheureusement, comment détecter ces
troubles lorsque les plus jeunes, avides
de soins esthétiques, se dirigent souvent
vers des imposteurs qui pratiquent en
toute illégalité et non vers des médecins
capables d’identi昀椀er ces troubles, se
me琀琀ant ainsi doublement en danger.
Laestperfection
une impasse
La médecine esthétique faciale s’est
traditionnellement concentrée sur
la restauration de la proportion,
de la symétrie et de l’harmonie
structurelle, en s’appuyant sur des
idéaux anatomiques et des normes
culturelles. Les neurosciences
cognitives et les recherches sur la
perception sociale démontrent que
l’a琀琀ractivité d’un visage n’est pas
es troubles
Lenjeu
dysmorphiques : un
de santé publique
Le trouble dysmorphique
corporel (TDC), également appelé
dysmorphophobie, est un trouble
obsessionnel-compulsif complexe
avec une composante esthétique
prédominante, souligne le docteur Caline
Majdalani, psychologue clinicienne. Il
uniquement visuelle c’est un véritable
événement neurobiologique, nous
apprend Steven Dayan, chirurgien
plasticien. En e昀昀et, il s’avère que les
visages a琀琀ractifs activent de manière
昀椀able les circuits de récompense
du cerveau produisant du plaisir et
induisant une sensation positive, tout
en modulant les réseaux du jugement
social. La « neuro esthétique » est un
et Côté Santé
Si notre magazine s’associe à un
congrès professionnel qui réunit les plus
éminents experts mondiaux en médecine
esthétique et anti-âge, c’est parce que
nous considérons que ces spécialités
sont en relation directe avec notre cœur
éditorial. Avec la démocratisation, sinon la
banalisation des actes esthétiques, nous
considérons qu’il est crucial de promouvoir
des pratiques éthiques, scientifiques
et expertes pour accompagner cette
évolution sociologique et assurer une
prise en charge optimale des patients.
Catherine Decuyper, cofondatrice du
congrès, place l’AMWC sous l’égide des
4E, comme expertise professionnelle,
évidence scientifique, engagement éthique
et excellence des pratiques. La présence
de Côté Santé comme partenaire de
cet événement mondial nous permet
de relayer et de nous associer à ce
message. Notre mission étant de vous
proposer un contenu éclairé dans un
domaine aujourd’hui vampirisé par les
réseaux sociaux, avec tous les risques
de dérives et la désinformation que l’on
connaît. L’engouement grandissant pour
les procédures esthétiques, qui touche
notamment de très jeunes personnes, ne
doit pas faire oublier qu’il s’agit avant tout
de médecine et qu’elles ne doivent être
pratiquées que par des professionnels
de santé formés à la pointe des
connaissances.
concept émergent dans notre domaine
qui intègre les neurosciences, la
biologie évolutionniste, les sciences
sociales et la médecine esthétique,
explique le médecin. La peau n’est
plus un simple canevas à corriger
pour correspondre à des standards.
Elle est un signal puissant de santé,
de vitalité et de valeur sociale. Un
très léger rehaussement du coin de
la bouche, une ouverture discrète de
l’œil ou un adoucissement du front
su昀케sent souvent à projeter une image
plus avenante, plus accessible et plus
sereine, traits que le cerveau associe
à la con昀椀ance et à la bienveillance.
Ce modèle représente un véritable
changement de paradigme en
médecine esthétique on passe d’une
simple correction mécanique à une
optimisation neurobiologique. Ce琀琀e
approche peut générer un e昀昀et « halo »
prosocial qui dépasse le patient traité
et rayonne dans les environnements
sociaux qu’il occupe, a昀케rme le docteur
Dayan. n
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