CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 57
4L’ÉTÉ, LE CŒUR À SURVEILLER
aux maladies cardiovasculaires, et près de 80 % de ces
maladies pourraient être évitées. » En e昀昀et, le dépistage est
loin d’être su昀케sant au regard des chi昀昀res : les pathologies
cardiovasculaires sont l’une des premières causes de décès
chez les femmes. Et depuis 2008, les infarctus augmentent
de plus de 5 % par an chez les femmes de moins de 65 ans.
Pluridisciplinarité
« Aux États-Unis, les premières recommandations qui font
le lien entre gynécologie et cardiologie sont apparues en
2011 avec le programme Go RED for Women pour la santé
cardiovasculaire des femmes, rappelle la professeure Claire
Mounier-Véhier. Elles me琀琀ent en relief les problématiques
gynécologiques comme la ménopause. En France, en 2018,
l’hypertension et les hormones ont été une porte d’entrée
du risque cardiovasculaire chez les femmes à partir de
la ménopause, et cela fait consensus. » Aujourd’hui, de
nombreux spécialistes travaillent ensemble pour signaler
les facteurs de risque le plus tôt possible dans la vie des
femmes. « Grâce aux 200 ambassadeurs et experts d’Agir
pour le Cœur des femmes et au Bus du Cœur, des parcours
de soins sont mis en place, souligne Claire MounierVéhier. Dans le Bus du Cœur, qui propose 70 dates en 2026
à travers la France, les femmes rencontrent gratuitement
les professionnels de santé de toutes disciplines, avec des
entretiens médicaux sur place, un électrocardiogramme, des
bilans biologiques et un écho-doppler artériel. Au détour
de l’étape, des parcours de soins cardiogynécologiques se
me琀琀ent en place avec des rendez-vous de suivi proposés à
celles dont les risques ont été détectés. »
Tu as vu ton cardio ?
Tu as vu ton gynéco ?
Si les femmes ont l’habitude de prendre rendez-vous
avec les gynécologues tout au long de leur vie, il est très
rare de voir un cardiologue en prévention, sauf problème
cardiaque avéré. Pour faire le lien, les gynécologuesobstétriciens pourraient jouer un rôle clé dans
l’identi昀椀cation des facteurs de risque cardiovasculaire et le
suivi des patientes. Pour sensibiliser le grand public et les
professionnels de santé, la campagne 2026 de la Fondation
Cœur & Recherche a été baptisée « Tu as vu ton cardio ? Tu
as vu ton gynéco ? », titre du clip qui conseille aux femmes
de consulter un gynécologue et un cardiologue pour un
suivi régulier (à visionner sur YouTube et sur les sites de
cardiologie comme sfcardio.fr).
Une prévention très attendue
« Le Conseil national professionnel cardiovasculaire
(CNPCV) a présenté ce琀琀e année un texte de référence sur
la prévention cardiovasculaire, annonce Martine Gilard,
médecin cardiologue. À ce titre, un poster de sensibilisation
sera a昀케ché dans les salles d’a琀琀ente pour pallier ce manque
de communication. Nous voulons également me琀琀re en
place une éducation dans les écoles et les collèges pour
sensibiliser les jeunes. » Enseigner les facteurs de risque
est l’un des messages de la prévention. « Grâce à la
complémentarité des deux disciplines, gynécologues et
cardiologues peuvent évaluer les risques cardiovasculaires
et prendre en compte les situations hormonales émergentes
des femmes à risque, indique Claire Mounier-Véhier.
« Les excès de chaleur peuvent entraîner
une tachycardie sans avoir fait d’effort et
des anomalies du cœur jusqu’à l’insuffisance
cardiaque », alerte la cardiologue Martine Gilard.
Il est donc conseillé de consulter quand le
problème survient, surtout quand il est chronique.
En médecine traditionnelle chinoise, le cœur est
l’organe particulièrement sollicité en été (la saison
« Feu ») : on le nomme « l’Empereur » (autant
physiologique que psychologique), mais aussi
« le Maître du sang » car il gouverne l’appareil
circulatoire, les veines, les artères et la circulation
du sang. C’est le moment d’équilibrer ses
émotions avec des relaxations et des respirations
apaisantes quand elles sont en excès, et de
profiter des activités aquatiques qui rafraîchissent
le feu estival.
Les femmes concernées pourraient être suivies depuis
leur contraception avec œstrogènes de synthèse, si elles
développent une endométriose, un syndrome des ovaires
polykystiques, si elles présentent un nombre de grossesses
supérieur à trois, une ménopause précoce, un traitement
hormonal de la ménopause, ou encore une a琀琀einte rénale de
la prééclampsie… » Parmi les symptômes pouvant alerter,
les douleurs dans la poitrine ne doivent pas être prises à la
légère, parlez-en à votre médecin.
Facteurs de risque
« Les facteurs de risque féminins de développer une maladie
cardiovasculaire peuvent être observés dès la puberté,
note la professeure Gilard. Les professionnels de santé
doivent prendre en compte les règles précoces, le surpoids,
le tabac et la contraception. Les jeunes femmes seront
ensuite suivies pendant leur grossesse pour surveiller les
variations hormonales, l’hypertension gravidique (élévation
de la pression artérielle pendant la grossesse) ou encore le
diabète gestationnel, et bien sûr les fausses couches. L’étape
de la ménopause est à examiner avec la disparition des
œstrogènes, ces hormones protectrices. » Les parcours de
soins doivent se structurer et se généraliser. « Le but pour
les gynécologues notamment, insiste Claire Mounier-Véhier,
c’est de faire des bilans lipidiques, de mesurer la pression
artérielle et d’interroger les femmes sur les symptômes
d’alerte cardiovasculaire, dont l’essou昀툀ement à l’e昀昀ort et les
maux de tête causés par l’hypertension. » n
Bon à savoir
- Journées du Cœur des femmes : le 4 septembre
à Saint-Cyr-sur-Mer et le 5 septembre à Arignac.
- Le Bus du Cœur des femmes reprend à la rentrée
du 15 au 17 septembre à Auxerre, toutes les villes
et les dates sur agirpourlecoeurdesfemmes.com
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