CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 59
ne ma vaise n
médecin sera impuissant à vous guérir
si vous ne changez pas ce qui rend le
corps malade.
Le corps,
une mémoire vivante
Le corps et l’esprit sont depuis
longtemps considérés comme
deux réalités indépendantes. Le
premier est soigné, le second ignoré,
l’approche médicale n’en tient pas
compte. Depuis les 20 dernières
années, la recherche scienti昀椀que
sur les représentations corporelles
a connu un essor considérable, la
mémoire corporelle (MC) devenant
un domaine d’intérêt majeur en
neuro-rééducation. Pour le docteur
Gauthier, nous ne sommes pas qu’un
corps mais, avant tout, un être
émotionnel, et ce sont principalement
les dérèglements et blocages de nos
émotions qui rendent le corps malade.
Il en est le révélateur. Le psychisme
et le corps sont interdépendants.
L’ignorer est un danger pour son
équilibre. En e昀昀et, « le corps humain
est une véritable mémoire vivante
gardant en lui les traces de chaque
chute, de chaque choc, de chaque
émotion intense qui n’a pas trouvé
d’expression », écrit Christophe O琀琀e .
Il peut devenir le relais silencieux
d’une émotion, qu’elle soit colère,
tristesse ou stress.
L’impact
de cette mémoire
Ce琀琀e mémoire représente toutes
les expériences corporelles passées
qui sont stoc ées et qui a昀昀ectent
notre comportement. « e琀琀e
mémoire inconsciente qui fonctionne
depuis le début de notre vie in utero,
constamment en activité dans chaque
endroit du corps, n’est pas su e琀琀e
à l’oubli du mental », explique le
docteur Gauthier. Elle mémorise,
instant après instant, seconde après
seconde, les millions de sensations
positives ou négatives que nous
ressentons au cours de notre
existence. Ainsi, elle nous permet
d’apprendre ce qui constitue le
monde, en nous et autour de nous et,
si nécessaire, de nous en protéger.
En cela, elle fait partie de notre
équipement de survie. C’est ainsi
que les expériences vécues pendant
l’enfance se poursuivront jusqu’à
ve e
Un événement malheureux peut déclencher une réaction de « combat ou de fuite »
dans votre corps. Il s’agit de la réponse évolutive de celui-ci pour faire face à un danger
intense. Au niveau neurobiologique, cette réaction est régie par le système nerveux
sympathique, qui envoie des signaux depuis votre moelle épinière aux principaux
organes de votre corps, dont votre cœur et vos intestins, vous préparant à combattre ou
à fuir face au danger. Un élément clé de cette réaction de combat ou de fuite consiste
à interrompre la digestion afin que le flux sanguin et l’énergie puissent être dirigés
vers les muscles des membres. Ce qui peut se manifester par des nausées, des
vomissements ou des diarrhées. La mauvaise nouvelle vous a fait vous sentir menacé
et votre corps a déclenché le mode survie.
l’âge adulte et in昀氀uenceront par
conséquent notre perception de notre
sécurité, de nos relations, de notre
potentiel personnel. Nous risquons
de revivre d’anciens traumatismes si
des stimulations sensorielles viennent
réveiller ces vieilles blessures
engrammées.
Une partie invisible
Le traumatisme psychique, une
entité abstraite ? On conna t
désormais les e昀昀ets de ce琀琀e
blessure invisible provoquée par un
événement qui dépasse la capacité
d’une personne à y faire face.
Aujourd’hui, les neurosciences, la
psycho-traumatologie et les thérapies
somatiques reconnaissent l’in昀氀uence
déterminante des émotions sur le
corps, et du corps sur le psychisme.
Guerre, a琀琀entat, deuil, agression,
catastrophe naturelle, violence
sexuelle… Selon l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS), 70 %
des personnes dans le monde vivent
un événement de ce type au cours
de leur existence. Les traumatismes
perturbent les processus de
stoc age de la mémoire, modi昀椀ent le
fonctionnement du cerveau, peuvent
entraîner une détresse physique et
émotionnelle susceptible d’être à
l’origine de problèmes de santé plus
graves, tels qu’une crise cardiaque, un
accident vasculaire cérébral, l’obésité,
le diabète et le cancer. Ghislain
Devroede, professeur de chirurgie
colorectale, chercheur reconnu,
a été précurseur en démontrant
l’association entre les agressions
sexuelles et/ou physiques et
l’apparition des troubles fonctionnels
intestinaux.
Quelle thérapie ?
Se tourner vers un spécialiste formé
aux psycho-traumatismes peut aider
à explorer, comprendre et apaiser
le traumatisme existant. Dans la
érapie motionnelle développée
par le docteur Gauthier, le patient
est accompagné dans l’expression de
ses émotions contenues jusque-là.
« Le principe est de me琀琀re le patient
dans un état de conscience modi é
pour court-circuiter temporairement
le mental. C’est important pour que
le patient puisse avoir accès à ses
émotions douloureuses enfouies. uis,
lorsqu’elles redeviennent accessibles,
leur perme琀琀re de s’exprimer avec
des paroles, mais avec le corps aussi,
pour ensuite s’en libérer. C’est très
e昀케cace et instantané ’est vraiment
de l’informatique psychologique. On
déprogramme et on reprogramme
autrement. » En dehors d’un
traumatisme, prenez soin de ce
véhicule qu’est le corps. Sachez qu’il
n’a pas de fantaisies de mauvais
goût. Simplement, il n’aime pas être
malade ou avoir mal. Il ne le fait que
parce que son équilibre intérieur est
menacé. Une façon d’allumer les feux
de détresse. « ortez du stress, prenez
le temps de vous réfugier dans un lieu
calme pour renvoyer des signaux à vos
cellules. ’oubliez pas, notre énergie va
là où se porte l’a琀琀ention. arlez leur,
dites-leur “merci”. ous les encouragez
à bien fonctionner. Tout est dans
l’intention, l’a琀琀ention, l’amour et le
temps. » n
hristophe O琀琀e est ortho inésiste,
physiothérapeute, podologue, ostéopathe
et posturologue.
JE BOUQUINE…
Décodons l’origine de nos
maladies pour mieux guérir,
du docteur Cornélia Gauthier,
iti ns ré anie , 22, 0 €.
a ma a ie
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a trice partage ses pistes
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Côté Santé 59