CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 59
Les moustiques, on connaît.
Mais, depuis quelques années,
un petit nouveau, à la silhouette
noire et fine, s’est installé un
peu partout dans le monde
et, bien sûr, en France : Aedes
albopictus, dit « moustique
tigre ». Avec des risques
pour la santé. Le point avec
Frédéric Simard, entomologiste
et directeur de recherche à
l’Institut de recherche pour le
développement (IRD), basé à
Montpellier.
Patricia Riveccio
autochtones, et surtout de chikungunya, avec 809 cas autochtones dans de
nombreux épisodes de transmission,
rapporte Santé publique France. La
surveillance renforcée du 1er mai au
30 novembre est active en 2026 en raison de l’expansion du moustique tigre,
présent dans plus de 80 départements.
Elle cible donc la dengue, le chikungunya et Zika, bien que très peu actif
localement. Un foyer limité de transmission autochtone avait eu lieu en
2019 dans le Var, avec 3 cas, mais rien
de comparable depuis.
Une menace potentielle
« Le tigre est l’affaire de tout le
monde, des gens qui s’occupent
de la ville, de l’aspect sanitaire
mais aussi de la communication
envers le public. » La capacité
des moustiques à résister
aux insecticides représente
une menace sérieuse pour la
prévention de maladies telles
que celles véhiculées par Aedes.
Selon Frédéric Simard : « La
recherche sur les vecteurs doit
permettre de développer des
stratégies alternatives et de
nouveaux outils pour améliorer
le contrôle et la surveillance des
populations de vecteurs. »
Les premiers réflexes
gine d’épidémies. Parmi les complications de Zika, le syndrome de Guillain-Barré (SGB), une a昀昀ection rare
qui se caractérise par une faiblesse,
voire une paralysie progressive des
nerfs périphériques. « Ce syndrome
nécessite une prise en charge très
lourde, que l’on fait très bien en France.
On ne risque pas la mort avec Zika. En
dehors du danger qu’il représente pour
les femmes qui sont dans le premier
trimestre de leur grossesse, elles ont,
avec Zika, un risque d’avoir un bébé
microcéphale multiplié par cinquante,
ce virus est moins dangereux que la
grippe, qui fait 3 000 morts en France
chaque année », précise Frédéric Simard.
Faut-il s’inquiéter ?
Il est conseillé aux personnes qui ont
eu un peu de 昀椀èvre de consulter, surtout si elles rentrent de voyage en
provenance de régions tropicales d’endémie ou lorsqu’il y a eu une piqûre
dans le jardin. Il ne faut pas hésiter.
Ces virus ne sont pas mortels dans
nos environnements, mais on peut
éviter ainsi de les répandre. En France
métropolitaine, la situation du virus
Zika est calme : aucun cas autochtone,
c’est-à-dire avec transmission locale
par moustique, n’a été rapporté récemment, avec seulement quelques cas importés par des voyageurs. En revanche,
en 2025, l’année a été marquée par une
forte activité de dengue, avec 30 cas
Avec un moustique « normal », bien
de chez nous, il su昀케t de se couvrir, de
porter des vêtements, un pantalon et
un tee-shirt à manches longues. Avec
le tigre, cela ne su昀케t pas puisqu’il
pique à travers les vêtements ! Il
faut privilégier les vêtements larges
sans oublier de les resserrer aux chevilles. Avec une préférence pour les
couleurs claires, qu’il semble ne pas
aimer. Bien sûr, dans les jardins, sur
les balcons et terrasses, évitez l’eau
stagnante : bassins, soucoupes, arrosoir (couvrez-le s’il est plein d’eau) et
tout autre récipient. Un conseil d’un
vendeur chez Tru昀昀aut : « Me琀琀ez du
sable de rivière au fond des soucoupes
des plantes. » Surveillez vos gouttières, qu’elles n’aient pas de trous,
et l’évacuation d’eau. Vous pouvez
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