CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 63
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ègles, rapports sexuels, maternité,
ménopause… chaque étape de la vie d’une
femme engendre des modi昀椀cations de son
corps. D’où la nécessité de prendre soin
de sa zone intime et fragile. « Le vagin,
comme tous les ori昀椀ces, se défend très bien
tout seul, grâce aux sécrétions et à la 昀氀ore
naturelle qui y vit », indique Martin Winckler, médecin
généraliste et auteur de C’est mon corps. La 昀氀ore vaginale
abrite des bactéries, les lactobacilles, qui produisent de
l’acide lactique, régulent le niveau d’acidité (le pH) du
vagin entre 3,5 et 4,5 et perme琀琀ent de le préserver des
bactéries et des virus extérieurs. La vaginose bactérienne
se traduit par un déséquilibre de la 昀氀ore vaginale normale
qui apparaît lorsque les lactobacilles ne sécrètent plus
su昀케samment d’acide lactique et que d’autres bactéries
(gardnerella, mycoplasmes…) colonisent le milieu vaginal
à leur place. Elle se caractérise par des symptômes de
vaginite (in昀氀ammation vaginale) : des pertes vaginales plus
importantes que d’ordinaire (parfois colorées ou non), une
mauvaise odeur, une irritation de l’intérieur du vagin ou de
la peau autour de la vulve.
La vaginose bactérienne
De nombreuses femmes sont a琀琀eintes de vaginose
bactérienne. Les facteurs liés à l’origine de ce déséquilibre
sont divers : recours aux spermicides, douches vaginales,
tabagisme, prise prolongée d’antibiotiques, règles très
abondantes pendant plusieurs semaines… « Il semble que
la prise d’une pilule “combinée” (contenant des œstrogènes)
ait un e昀昀et protecteur, car les œstrogènes contribueraient au
développement des lactobacilles, souligne Martin Winckler. La
vaginose n’est pas en soi une maladie grave, mais elle fragilise
la muqueuse vaginale et la rend plus vulnérable aux infections
sexuellement transmissibles (IST). Il est donc important de
la traiter au plus vite. » Ce琀琀e pathologie est diagnostiquée
par prélèvement vaginal, analysé en laboratoire. Elle se
soigne par antibiotiques et antiparasitaires (métronidazole,
clindamycine). Si elle survient à nouveau, le médecin
prescrit un traitement prolongé de quatre à six mois.
Écologie vaginale :
le rôle des probiotiques
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et
l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et
l’agriculture (FAO), les probiotiques sont des « microorganismes vivants qui, lorsqu’ils sont ingérés ou administrés
en quantité su昀케sante, exercent des e昀昀ets positifs sur la
santé, au-delà des e昀昀ets nutritionnels traditionnels ». Les
probiotiques destinés au microbiote vaginal contiennent
des lactobacilles qui contribuent au développement et au
renforcement de la 昀氀ore vaginale existante. Les femmes
au microbiote fragile, à la 昀氀ore vaginale déséquilibrée
(irritations et inconfort lors des rapports sexuels), con昀椀rmée
par prélèvement biologique, peuvent suivre une courte cure
de probiotiques à raison d’une semaine par mois pendant
trois ou quatre mois, et ce, deux fois par an. « Le nombre
de bactéries minimum requis pour être e昀케cace au niveau
vaginal ne doit pas être inférieur à 10 millions par gélule,
capsule vaginale ou ovule », note le docteur Jean-Marc
Bohbot, andrologue, spécialiste des infections uro-génitales
et coauteur de Prenez soin de votre microbiote vaginal. À la
昀椀n de la prise des lactobacilles, il est possible de contrôler le
rééquilibrage de la 昀氀ore par un nouveau prélèvement.
Une mycose vaginale
La mycose vaginale est une infection super昀椀cielle de la peau
ou des muqueuses (tissus humides de la paroi vaginale), liée
à la présence permanente de champignons microscopiques
dans les plis de la peau (sur la vulve, au coin des lèvres).
Les mycoses vulvaires ou vulvo-vaginales entraînent une
in昀氀ammation et de fortes démangeaisons des grandes et
petites lèvres. Dans la plupart des cas, elles sont bénignes,
mais tendent à récidiver et se traitent avec des médicaments
« antifongiques ». Aux traitements successifs apaisants
succèdent de nouvelles brûlures et démangeaisons. Or, ces
symptômes sont parfois auto-entretenus par les traitements
répétés. L’explication est simple : les mycoses vaginales sont
souvent soignées par des « traitements-minute », constitués
d’un seul ovule, ou de trois ovules à insérer trois jours de
suite dans le vagin.
Une infection récidivante…
« Mais même quand les champignons ont été traités, la zone
en昀氀ammée le reste forcément pendant quelques jours »,
précise Martin Winckler. Le moindre fro琀琀ement ou une
irritation peut relancer la douleur même en l’absence
de récidive de l’infection. Face à une résurgence des
symptômes, les médecins conseillent alors de soigner la zone
en昀氀ammée de la peau autour de la vulve avec une pommade
contenant une pâte à l’eau à base d’oxyde de zinc, en
complément de l’ovule-médicament à insérer dans le vagin.
Ce琀琀e crème protectrice permet d’apaiser les irritations
cutanées, d’empêcher leur propagation et d’éviter les
douleurs. Il su昀케t de l’appliquer plusieurs jours après la 昀椀n
du traitement jusqu’à la guérison de l’infection. Les mycoses
ne sont pas des IST et ne sont pas contagieuses. En l’absence
de symptômes, ce n’est donc pas la peine de demander à
votre partenaire de suivre le même traitement que vous.
Les douleurs vulvaires chroniques
Les brûlures et démangeaisons ne sont pas forcément liées
aux IST ou à une infection. Elles peuvent être le symptôme
d’une vulvodynie, douleur neuropathique de la vulve, d’une
vestibulodynie, douleur du vestibule à l’entrée du vagin,
ou d’une clitoridodynie, douleur au niveau du clitoris.
Produites par le système nerveux, parfois quelques mois
après une blessure ou une lésion traumatique (intervention
chirurgicale, incision de la vulve aux ciseaux lors de
l’accouchement…), ces douleurs vulvaires chroniques
(brûlures ou sensations de « chocs électriques ») sont ravivées
par le moindre contact (insertion d’un tampon, examen
gynécologique, rapport sexuel). La vulve étant une partie
très sensible, la moindre irritation peut être déclenchée par
des produits d’hygiène, les spermicides des préservatifs, les
substances issues des tampons et servie琀琀es hygiéniques, un
déodorant, une épilation.
Sécheresse, des solutions douces
Une sécheresse vaginale peut arriver ponctuellement,
notamment en post-partum. Lorsqu’elle se prolonge dans
le temps c’est une réelle source d’inconfort qui peut nuire
considérablement à la santé vaginale et à la vie sexuelle en
général. De nouvelles solutions ont émergé pour rééquilibrer
Côté Santé 63