CÔTÉ SANTÉ N°159 - Magazine - Page 69
A
vec plus de
20 000 o昀케cines
réparties sur
l’ensemble du
territoire, la
pharmacie reste,
pour beaucoup
de Français, le
lieu de santé le plus accessible : sans
rendez-vous, avec des horaires larges et
une proximité géographique inégalée.
Une accessibilité précieuse, d’autant que
leurs missions se sont considérablement
élargies. Aujourd’hui, pousser la porte
d’une pharmacie ne se résume plus à
récupérer une ordonnance. C’est aussi
accéder à une pale琀琀e de services encore
trop méconnus. Tour d’horizon.
Ils peuvent prescrire
et délivrer certains
antibiotiques
C’est l’une des évolutions les plus
marquantes de ces dernières années.
Dans certaines situations bien dé昀椀nies,
les pharmaciens sont désormais
autorisés à prescrire et délivrer
des antibiotiques sans ordonnance
préalable. Concrètement, « nous
réalisons des tests rapides d’orientation
diagnostique (TROD) pour deux
pathologies fréquentes : l’angine et
la cystite », explique Bruno Galan,
pharmacien à Palau-del-Vidre, président
du Conseil régional de l’Ordre des
pharmaciens d’Occitanie. « Pour une
angine, le test permet de déterminer
si l’infection est d’origine bactérienne
ou virale. Si elle est bactérienne, nous
pouvons délivrer immédiatement
l’antibiotique adapté. » Même principe
pour les cystites. Après évaluation et
test, une prise en charge rapide est
possible. Résultat : un gain de temps
pour les patients, et une réponse
immédiate.
Ils vaccinent
(et pas seulement
contre la grippe)
« Si nous avons commencé, dans les
o昀케cines, par vacciner contre la grippe,
aujourd’hui, nous sommes autorisés
à administrer l’ensemble des vaccins
du calendrier vaccinal aux adultes et
aux adolescents de plus de 11 ans. »
Diphtérie, tétanos, poliomyélite,
coqueluche, méningocoque,
papillomavirus (HPV)… Les possibilités
sont nombreuses. « Surtout, il n’est plus
nécessaire de passer par un médecin pour
obtenir une prescription. Beaucoup de
patients ont des vaccins en retard sans
même le savoir. Lors d’un échange, on
peut faire le point et proposer une mise
à jour immédiate. » Ce琀琀e simpli昀椀cation
du parcours favorise une meilleure
couverture vaccinale, enjeu majeur de
santé publique.
Ils font de la prévention
« Grâce aux bilans de prévention, nous
pouvons faire le point sur la santé des
patients. » Les bilans de prévention sont
destinés à toutes les personnes dans les
tranches d’âge suivantes : 18-25 ans,
45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans. « C’est
l’occasion d’aborder beaucoup de sujets :
les troubles du sommeil, les addictions,
l’alimentation, l’activité physique, la
consommation de tabac ou d’alcool,
l’observance des traitements… » Au-delà
des conseils, ces moments o昀昀rent un
véritable espace d’écoute, souvent plus
accessible et moins intimidant qu’une
consultation médicale. Ils perme琀琀ent
aussi de repérer des facteurs de risque
précocement et d’orienter si nécessaire
vers d’autres professionnels de santé.
Ils participent
au dépistage
du cancer colorectal
Les pharmaciens sont également
impliqués dans le dépistage organisé
du cancer colorectal, l’un des cancers
les plus fréquents en France. Ils
peuvent reme琀琀re aux patients éligibles
le kit de dépistage, expliquer son
utilisation et encourager sa réalisation.
Un rôle essentiel, car malgré son
importance, ce dépistage reste encore
insu昀케samment suivi. Grâce à leur
proximité et à la relation de con昀椀ance
qu’ils entretiennent avec les patients,
les pharmaciens contribuent à lever
les freins : manque d’information,
appréhension ou simple oubli.
Leur intervention favorise ainsi un
diagnostic plus précoce, augmentant
signi昀椀cativement les chances de
guérison.
Ils prennent en charge
certains symptômes
du quotidien
Certaines expérimentations vont
encore plus loin dans l’évolution
du rôle du pharmacien. C’est le cas
du dispositif OSyS (Orientation
dans le système de soins), testé par
200 pharmaciens dans quatre régions
(Bretagne, Centre-Val de Loire,
Occitanie et Corse). L’objectif est
simple : perme琀琀re aux pharmaciens
qui le souhaitent de prendre en
4Pharmacien
correspondant,
késako ?
Le pharmacien correspondant
est un pharmacien choisi par
le patient, en accord avec
son médecin traitant, pour
assurer un suivi plus étroit de
ses traitements. Ce dispositif
concerne principalement les
personnes atteintes de maladies
chroniques. Le pharmacien
peut alors renouveler certaines
prescriptions arrivées à
expiration, ajuster les posologies
dans un cadre strictement défini
et accompagner le patient
dans la bonne utilisation de ses
médicaments.
charge directement certaines
situations courantes, sans passer
systématiquement par un médecin.
Cela concerne par exemple les plaies
simples, les brûlures du premier
degré, le retrait d’une tique ou encore
les conjonctivites. Dans ce cadre,
le pharmacien évalue la situation,
propose un traitement adapté lorsque
cela est possible ou oriente vers un
médecin si nécessaire. « Les premiers
résultats sont jugés très positifs, à tel
point que le dispositif va bientôt être
généralisé. »
Ils facilitent l’accès
à la téléconsultation
Face aux di昀케cultés d’accès aux
médecins dans certaines zones, les
pharmaciens développent de plus en
plus de solutions de téléconsultation.
Dans un espace dédié au sein de
l’o昀케cine, le patient peut consulter
un médecin à distance, de manière
con昀椀dentielle. Le pharmacien peut
accompagner la consultation en
réalisant certains gestes simples,
comme la prise de tension ou
l’utilisation d’objets connectés. Ce
dispositif permet d’obtenir rapidement
un avis médical, sans avoir besoin de
se déplacer loin, ni d’a琀琀endre plusieurs
jours. Il ne remplace pas le médecin
traitant, mais constitue une solution
complémentaire précieuse pour
améliorer l’accès aux soins. n
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