CÔTÉ SANTÉ N°161 - Flipbook - 103
ue dit la science
eme琀琀ons tout de suite les choses
à leur juste place : le terme de mind
spa relève d’abord et avant tout d’un
concept marketing appliqué au bien
être. Il n’est en rien médical et il n’existe
pas de protocole scienti昀椀que unique
correspondant à ce琀琀e appellation.
En revanche, l’o昀昀re de soins intègre
des pratiques qui agissent sur des
mécanismes psychologiques et
physiologiques reconnus. Citons
la méditation de pleine conscience,
qui peut diminuer le stress perçu et
améliorer l’a琀琀ention, les exercices
respiratoires lents, qui favorisent
l’activation du système nerveux
parasympathique et réduisent les
marqueurs physiologiques du stress,
ou encore la o琀琀aison en isolation
sensorielle, qui montre des résultats
encourageants sur l’anxiété et la
relaxation. On peut imaginer que les
bienfaits du mind spa reposent sur
l’association des di昀昀érents soins.
Et c’est aussi ce qui en fait l’intérêt. n
« Les mind spas
sont une façon
de récupérer de
l’oxygène »
Christian Richomme,
psychanalyste et thérapeute
• Vous avez publié des prises de parole
sur le développement des mind spas.
Qu’est-ce qui vous intéresse dans ce
concept ?
Ils m’intéressent, car ils répondent à un
besoin inédit : trouver un lieu où l’on se sent
autorisé à mettre non seulement son corps,
mais aussi son cerveau au repos. Les retraites,
par exemple, apportent ce bénéfice, mais
leur organisation est plus complexe à mettre
en œuvre. Aller dans un mind spa est une
nouvelle manière d’exprimer une volonté
de prendre soin de soi autrement, dans une
société hyperconnectée. Je le vois autour
de moi comme dans mon cabinet : les gens
souffrent de surcharge mentale, d’obésité
informationnelle. C’est ce que j’appelle le
syndrome du cerveau en apnée, du cerveau
qui retient son souffle et qui, au bout d’un
moment, n’y arrive plus. Les mind spas sont
une façon de récupérer de l’oxygène.
• N’y a-t-il pas un effet de mode
derrière ce concept ?
Probablement. Comme pour beaucoup
de nouveaux concepts qui concernent le
bien-être, il y a le côté business, je ne me
le cache pas. Mais c’est aussi une autre
manière de prendre du temps pour soi,
pour se reposer d’une fatigue psychique ou
d’une charge mentale trop lourde, et c’est
une bonne chose. Il ne s’agit pas d’une
thérapie : on parle là des effets, pas des
causes profondes. Je préconise souvent à
mes patients de faire une promenade de 20 à
30 minutes, sans téléphone, pour laisser leur
cerveau vagabonder. L’idéal est de pouvoir
faire cette marche dans la nature, en forêt,
dans la montagne ou sur la plage. En ville,
pour une personne hypersensible, cela peut
être, en revanche, un moment agressif. Un
environnement calme, apaisant, avec une
ambiance musicale et une luminothérapie
propice à la relaxation sera plus adapté. J’ai eu
le retour d’expérience d’une patiente qui me
l’a confirmé.
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