CÔTÉ SANTÉ N°161 - Flipbook - 31
Quand consulter ?
Prenez rendez-vous
avec un médecin si :
- Vos pellicules persistent malgré
plusieurs semaines de shampoing
antipelliculaire.
- Votre cuir chevelu est très rouge.
- Les démangeaisons perturbent
votre sommeil.
- Les lésions s’étendent au visage,
aux sourcils ou derrière les oreilles.
- Vous avez un doute avec une
autre maladie de peau, comme le
psoriasis ou l’eczéma.
vêtements, les plaques rouges ou
les démangeaisons peuvent abîmer
la confiance en soi, provoquer de
la gêne dans les relations avec
les autres et favoriser l’anxiété.
Beaucoup de patients décrivent aussi
un sentiment de découragement face
aux rechutes répétées.
Des mécanismes
non encore élucidés
« e c u e re en
l co ri e
i ournen u our d’une
in l
ion li e une levure
el e Malassezia furfur.
Cette levure microscopique est
naturellement présente sur notre
peau. Mais l’excès de sébum sur
certaines zones crée un terrain
favorable à une prolifération
anormale de ces levures. Cette
multiplication excessive déclenche
une réaction inflammatoire de
la peau. Les cellules cutanées se
renouvellent alors de manière
accélérée : à
jours au lieu
des
jours habituels. Elles
s’accumulent sous forme de
squames visibles : les fameuses
pellicules. L’un des aspects les
plus déroutants de la dermite
séborrhéique est son évolution.
Pendant plusieurs semaines, voire
plusieurs mois, le cuir chevelu peut
sembler parfaitement apaisé. Puis,
sans raison évidente, les plaques et
les pellicules réapparaissent. Ces
rechutes font partie de l’histoire
naturelle de la maladie. Elles ne
signifient pas que le traitement ne
fonctionne pas ou qu’il faut changer
totalement de stratégie. L’objectif
est plutôt d’apprendre à contrôler
les poussées, à les traiter rapidement
lorsqu’elles surviennent et surtout à
les espacer autant que possible.
Le stress,
l’ennemi numéro un
ous avez peut être remarqué que
vos pellicules s’intensi昀椀ent en
période de stress. Ce n’est pas un
hasard. « e re e le rinci l
c eur d clenc n de ou e »
souligne le professeur Misery. Il agit
comme un véritable ampli昀椀cateur
de l’in ammation dans l’organisme.
Chez les personnes prédisposées,
il su昀케t parfois de quelques jours
particulièrement éprouvants pour
voir réapparaître rougeurs et
squames. La fatigue chronique et le
surmenage jouent également un rôle.
La consommation excessive d’alcool
peut favoriser les poussées, tout
comme certains cosmétiques irritants
qui fragilisent la barrière protectrice
de la peau. Bien sûr, il est impossible
d’éliminer toutes les sources de
stress du quotidien. Mais apprendre
à mieux le gérer, en pratiquant
une activité physique régulière, en
préservant son sommeil, en prenant
de vraies pauses dans la journée
ou en s’initiant à des techniques
de relaxation comme la cohérence
cardiaque ou la méditation, peut
réellement aider à limiter les crises.
Des traitements
efficaces… à condition
de bien les utiliser
Lorsque les pellicules persistent
ou s’accompagnent de rougeurs,
un médecin généraliste ou un
dermatologue peut poser le
diagnostic très simplement en
examinant les lésions. « e
r i e en on e en ielle en
loc u
e d’ n i on i ue » Les
produits contenant du kétoconazole
ou de la ciclopirox olamine sont
souvent utilisés. Dsponibles sous
forme de shampoings, de crèmes
ou de gels moussants, ils diminuent
la prolifération de Malassezia tout
en réduisant l’in ammation. Mais
leur e昀케cacité dépend beaucoup de
la façon dont ils sont appliqués.
Surtout, ne rincez pas le shampoing
immédiatement. « l e i or n
de re ec er un e
de o e de
inu e » Ce délai permet
aux actifs de rester su昀케samment
longtemps au contact du cuir chevelu
pour exercer leur action. Lors des
poussées très in ammatoires, le
médecin peut également prescrire des
corticoïdes locaux pendant quelques
jours a昀椀n de calmer rapidement les
rougeurs. En revanche, ils ne doivent
pas être utilisés de façon prolongée.
Les traitements antifongiques
par voie orale sont réservés aux
formes sévères ou résistantes aux
traitements locaux.
Les bons gestes qui font
vraiment la différence
Vivre avec une dermatite
séborrhéique, c’est aussi apprendre
à prendre soin de sa peau sans
l’agresser. Contrairement à ce que
l’on pourrait penser, multiplier
les shampoings n’améliore pas la
situation. Des lavages trop fréquents
peuvent irriter davantage le cuir
chevelu. a bonne fréquence
« eu
roi oi
r e ine »
répond le professeur Misery.
Choisissez un shampoing doux
entre les traitements et évitez les
produits très parfumés ou contenant
de nombreux agents irritants. Pour
le visage, privilégiez un nettoyant
doux, puis appliquez une crème
hydratante adaptée aux peaux
sensibles. Lorsque les démangeaisons
deviennent intenses, évitez de vous
gratter. Même si cela procure un
soulagement immédiat, le grattage
entretient l’inflammation. Enfin,
observez-vous. Certaines personnes
remarquent que leurs symptômes
s’aggravent toujours dans les mêmes
circonstances : stress professionnel,
nuits écourtées, utilisation de
certains produits capillaires… Tenir
un petit carnet pendant quelques
semaines peut parfois suffire à
faire émerger ces déclencheurs
personnels. La dermatite
séborrhéique fait partie des maladies
chroniques avec lesquelles il faut
apprendre à composer. Mais en
associant un traitement adapté, une
bonne utilisation des produits et
une meilleure gestion des facteurs
déclenchants, il est tout à fait
possible d’espacer les poussées et de
retrouver un quotidien plus serein. n
Côté Santé 31