CÔTÉ SANTÉ N°161 - Flipbook - 45
L
e cœur brisé n’est pas
qu’une image. Derrière
ce琀琀e expression se cache
une véritable maladie
cardiaque appelée
syndrome du c ur
brisé ou ako tsubo , ou encore
cardiomyopathie aigu réversible.
« e lu ouven il urvien
r un
c oc o ionnel i or n
i u i
r oi
r un re
i ue »
explique le docteur ean rançois
enucci, médecin vasculaire à l’h pital
de la imone, à Marseille. ne colère
intense, un deuil, une séparation, un
accident ou encore une mauvaise
nouvelle peuvent agir comme
déclencheurs. ace à cet événement,
l’organisme libère brutalement de
grandes quantités d’adrénaline et
de noradrénaline. Chez certaines
personnes, ce déferlement hormonal
provoque un dysfonctionnement
temporaire du muscle cardiaque.
Des symptômes
identiques à ceux
d’un infarctus
e ako tsubo débute, le plus souvent,
de façon spectaculaire. Douleur
thoracique brutale irradiant dans
le bras et la m choire, sensation
d’oppression dans la poitrine,
essou ement, palpitations, perte
de connaissance, malaise vagal :
les sympt mes sont quasiment les
mêmes que ceux d’un infarctus du
myocarde. « or u’elle rriven
u ur ence le
ien e on
ouven ri e en c r e co
e i
elle i ien un in rc u » précise
le spécialiste. a di昀昀érence appara t
lors des examens. Contrairement à
l’infarctus, aucune artère coronaire
n’est bouchée. ’échographie cardiaque
révèle, en revanche, une anomalie
caractéristique : « ne r ie du
ven ricule uc e l rinci le o e
du c ur ce e e or ire en de e
con r c er e re e dil e
ul
le
c ur o e oin e c ce en le n
rovo u n une in u
nce c rdi ue
i u ui n ce i e une o i li ion
r ide » note le professionnel.
Une pathologie
réversible et féminine
Contrairement à l’infarctus, les
cellules cardiaques ne sont pas
détruites. « n un in rc u le
n ue d’o
ne en r ne l
or
D’où vient le nom de « Tako-tsubo » ?
Le mot « Tako-tsubo » vient du japonais. Il désigne un piège traditionnel
utilisé pour capturer les poulpes. Lors d’une crise, le ventricule gauche
prend temporairement une forme qui rappelle celle de ce récipient, d’où le
nom donné à la maladie par les médecins japonais qui l’ont décrite pour la
première fois dans les années 1990.
de cellule du u cle c rdi ue
n le
o u o il ’ i lu
d’un
e de e i e r re
or ue celui ci di r
le n
circule de nouve u nor le en »
explique le docteur enucci. Dans la
mesure où les cellules du myocarde
restent vivantes, elles retrouvent
progressivement leur fonctionnement
habituel. Dans l’immense majorité des
cas, la récupération est complète en
quelques jours ou quelques semaines.
e syndrome de ako tsubo touche
essentiellement les femmes plut t
anxieuses, souvent après ans,
ainsi que les personnes en situation
de précarité. Comment l’expliquer
« ’ o
e or on le e ouven
v nc e l
i e de
ro ne
r
l
no u e ourr i r duire cer ine
ro ec ion c rdiov cul ire » a昀케rme
le médecin. Mais ce琀琀e explication
ne su昀케t pas. « onn e en nou
ne von
vr i en our uoi le
e
e on e ucou lu ouc e ue
le o
e » reconna t le spécialiste.
D’autres pistes sont étudiées,
notamment des di昀昀érences entre
les hommes et les femmes dans
la taille des artères coronaires ou
dans la sensibilité du c ur aux
hormones du stress.
Une maladie rare,
mais à ne pas négliger
Même si le pronostic est généralement
favorable, le syndrome de ako
tsubo constitue une urgence
médicale. «
l’
ri ion d’une
douleur or ci ue ru le ou d’un
e ou e en i or n il u
eler i
di e en le » insiste
le spécialiste. a prise en charge
repose sur une hospitalisation en
soins intensifs et sur des traitements
destinés à soutenir le c ur le temps
qu’il récupère, généralement en
quelques semaines, et à améliorer
la circulation sanguine. « e
decin euven re crire de
lo u n our li i er le e e
de or one du re no
en
l’ dr n line ou onn e de ouer
un r le cl d n le d clenc e en
de l
l die e in i i eur de
l’enz e de conver ion C ou de
r n on
le en u ili
our
cili er le r v il du c ur e vori er
le r
li e en de
onc ion de
o e n c d’in u
nce c rdi ue
ou d’e ou e en de diur i ue
er e en d’ li iner l’e c de
li uide ccu ul d n l’or ni e
n n l e ion du re vi un
cco
ne en
c olo i ue ou de
ec ni ue de rel
ion i
r ie
in r n e de l ri e en c r e n de
r duire le ri ue de r cidive » détaille
le docteur enucci. eureusement, les
récidives restent rares. a plupart des
patientes ne conna tront qu’un seul
épisode au cours de leur vie. n
Les hormones
du stress en cause
Deux hormones sont libérées en
grande quantité lors d’un choc
émotionnel ou physique. « Le
cortisol est davantage impliqué
dans le stress chronique. Dans le
Tako-tsubo, ce sont surtout les
pics très brutaux d’adrénaline et
de noradrénaline qui semblent
jouer un rôle », souligne le docteur
Renucci. C’est cette décharge
soudaine qui provoquerait la
paralysie temporaire du muscle
cardiaque. L’adrénaline et la
noradrénaline sont des hormones
produites par les glandes
surrénales et par certaines
fibres nerveuses. Elles préparent
l’organisme à réagir face à un
danger en augmentant rapidement
la fréquence cardiaque, la pression
artérielle et le débit sanguin
vers les muscles. Cette réponse,
parfaitement adaptée lorsqu’elle
est transitoire, peut devenir
délétère lorsqu’elle est excessive.
Chez les personnes atteintes
d’un syndrome de Tako-tsubo,
les concentrations sanguines de
ces hormones sont souvent très
élevées au moment de l’épisode.
Côté Santé 45