CÔTÉ SANTÉ N°161 - Flipbook - 49
D
ans l’imaginaire collectif, l’asthme
apparaît bien souvent comme une
pathologie bénigne et assez simple à
gérer avec de la Ventoline. Pourtant,
ce琀琀e maladie respiratoire chronique est
responsable chaque année d’environ
hospitalisations et de près de
décès. Des chi昀昀res très préoccupants, d’autant qu’une
part importante de ces complications pourrait être évitée
gr ce à un diagnostic plus précoce, un traitement adapté et
régulier, une meilleure observance et une réaction rapide en
cas d’aggravation.
Une maladie inflammatoire
’asthme se caractérise par une in ammation persistante des
voies respiratoires. Chez les personnes a琀琀eintes, les bronches
sont particulièrement sensibles à di昀昀érents stimuli allergènes,
pollution atmosphérique, fumée de tabac, infections virales,
exercice physique, air froid ou encore stress émotionnel .
orsque ces facteurs déclenchants interviennent, les
muscles entourant les bronches se contractent, la muqueuse
s’en amme davantage et produit un excès de mucus. es voies
respiratoires se rétrécissent, provoquant ainsi des di昀케cultés
à respirer et divers sympt mes : une toux persistante, le plus
souvent nocturne une respiration si ante une sensation
d’oppression thoracique un essou ement plus ou moins
important et, bien s r, des réveils nocturnes.
Au spectre très large
« ’
e e une l die r r uen e d n l o ul ion
n r le e ouven n li e ui u’elle eu ’e ri er
elon un ec re r l r e ll n de l’
e ui ne e
ni e e ue r re en
r e e le en c d’e or in en e
l’
e v re » précise Charlo琀琀e ibaut de Menonville,
pneumologue et allergologue à l’h pital aris Saint oseph.
Certains patients peuvent ainsi rester plusieurs semaines,
voire plusieurs mois, sans gêne notable. Ce琀琀e alternance
entre périodes de calme et épisodes plus sévères peut les
amener à penser que leur asthme a disparu ou qu’il ne
nécessite pas forcément de suivi particulier. Or, l’absence
de sympt mes ne signi昀椀e pas du tout l’absence de risque.
Même lorsque l’asthme semble bien toléré et géré, il peut
altérer signi昀椀cativement la qualité de vie. es personnes
doivent surveiller leur environnement, adapter leurs activités
physiques, gérer une fatigue chronique et l’apparition
éventuelle d’une crise
Des facteurs aggravants
Si l’asthme débute souvent dans l’enfance, contrairement
à une idée reçue, il ne concerne pas uniquement les
enfants. Ce琀琀e pathologie peut appara tre à tout moment
de la vie, chez l’adulte ou la personne gée, et évoluer au
昀椀l des années. éanmoins, chez l’enfant, elle représente
l’une des premières causes de maladie chronique et
demeure un motif fréquent de consultation médicale et
d’hospitalisation. ’asthme résulte d’une combinaison
complexe entre prédisposition génétique et facteurs
environnementaux. es allergies aux acariens, aux pollens,
aux poils d’animaux ou aux moisissures sont les principaux
déclencheurs de ce琀琀e pathologie, mais la pollution
atmosphérique joue également un r le majeur. En e昀昀et, les
particules 昀椀nes, l’ozone et certains polluants industriels
favorisent l’irritation des voies respiratoires et augmentent
le risque de crise.
Du sport quand on est asthmatique ?
ar ailleurs, le tabagisme actif ou passif demeure l’un des
facteurs aggravants les mieux établis. Chez les personnes
asthmatiques, la fumée de cigare琀琀e réduit l’e昀케cacité
des traitements et accélère la dégradation de la fonction
pulmonaire e stress ou les émotions intenses peuvent aussi
favoriser le déclenchement d’une crise sans en être la cause
directe. De même, du fait de mécanismes physiopathologiques
complexes, le sport, qui induit parfois des e昀昀orts intenses,
peut déclencher une crise d’asthme. Cela étant, si, par le
passé, on a longtemps encouragé les personnes asthmatiques
à limiter leurs e昀昀orts physiques, ce琀琀e recommandation est
aujourd’hui totalement dépassée. Désormais, on constate
qu’une activité physique régulière améliore la condition
respiratoire, favorise le bien être psychologique et la
con昀椀ance en soi, et contribue à une meilleure qualité de vie.
Quels traitements ?
orsque l’asthme est correctement contr lé, il n’empêche
pas la pratique sportive, y compris à haut niveau. our
preuve, de nombreux champions olympiques et sportifs
professionnels vivent avec ce琀琀e maladie Certaines
précautions sont toutefois nécessaires : échau昀昀ement
progressif, adaptation du traitement et prise en compte des
conditions environnementales. Aujourd’hui, le traitement
repose essentiellement sur les cortico des inhalés, y compris
lorsque les sympt mes sont peu fréquents. eur action anti
in ammatoire réduit l’irritation chronique des bronches et
diminue fortement le risque d’exacerbation. « Ce r i e en
on r oi eur u
ien explique la pneumologue. Cel
eu r ici er co
e d n l’ecz
une cor ico o ie e
con i uer un rein l ri e du r i e en
i en i le
e de cor ico de d n l circul ion e r
i le le d
e i n e en ielle en u nive u de voie re ir oire »
Traitement pour les formes sévères
our certains pro昀椀ls de patients, on peut aussi prescrire des
biothérapies. « Ce on de r i e en in ec le ui von ir
ur une cer ine or e d’in
ion e ne on e c ce ue
c ez le
ien ui r en en un
e ller i ue ou un
e d n le uel in erviennen de cellule ue l’on
elle
le o ino ile remarque le docteur ibaut de Menonville.
e o ino ile on de lo ule l nc
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e l r un r i e en
r cor ico de in l
ri correc e en e do e
i le »
Selon la biothérapie, le pro昀椀l du patient et le type d’asthme,
la fréquence de ces injections peut aller d’une injection toutes
les deux semaines à une injection toutes les huit semaines.
Un mauvais contrôle de la maladie
Mais comment comprendre, malgré l’e昀케cacité des
traitements, que l’asthme soit encore, en rance, responsable
de
décès chaque année, dont une part importante
chez les enfants et les adolescents lusieurs facteurs
Côté Santé 49